Conseils de lecture

Martin HARNICEK

Monts Metallife

17,00
Conseillé par (Libraire)
22 mai 2024

Au menu du jour, le livre préféré de votre boucher.
Dans un monde où ni animaux ni végétaux ne restent, une société se retrouve à subsister en mangeant de la viande humaine. Les Hommes tournent autour des Halles, une boucherie géante où les différentes castes sociales peuvent échanger leurs tickets contre de la nourriture, le tout surveillé de près par la police qui est prête à punir d'un abattage immédiat la moindre infraction, récoltant ainsi toujours plus de viande fraiche.
Cet univers vous sera conté par ce narrateur, un individu lambda monologuant sa vie alors qu'il a tout perdu, tentant de survivre par tous les moyens. Il tiraille le lecteur entre haine et pitié alors qu'il ne désire qu'une seule chose au monde : la Viande.

Les promesses de cannibalisme et autres bizarreries perturbantes m'ont absolument ravies, mais ce trip horrifique n'est pas pour ceux dont l'estomac est fragile. Je ne pouvais pas détourner les yeux de l'horreur décrite tant l'écriture crue, voire saignante, de ce monologue est obsédant. L'auteur vous donnera envie, dans un même temps, de frapper et aider le personnage principal. Ça m'a presque donné envie d'y être. Presque.

Les thèmes du totalitarisme, des classes sociales et de l'humanité, enfin, de son absence apparaissent en toile de fond de ce court roman. L'auteur, né en Tchécoslovaquie communiste et ayant dû fuir son pays était connu dans le milieu dissident. Ses livres se passaient alors sous le manteau, et sa traduction vous permet ici d'en avoir un entre les mains.
Ce roman est le deuxième livre de la collection Pb82, se voulant en opposition à la littérature feel good. Ici, il n'y a que du plombant, du dérangeant, du poisseux, et vous prendrez plaisir à lire ce que l'humain à de plus noir à vous offrir.

Tout ça pour dire que vous pouvez plonger les yeux fermés dans ce roman feel bad. Bon appétit !


13,00
Conseillé par (Libraire)
9 février 2024

Nous restons dans le thème de la bande dessinée aujourd'hui mais nous nous voyageons jusqu'au du Japon.

Les derniers mangas que nous vous avons conseillé, bien qu'excellents, se déroulaient dans des univers sombres et froids. Ici, je vous propose une bouffée de bonne humeur, un véritable petit chocolat chaud en noir et blanc.

Qui voudrait lire un livre qui ne raconte rien de spécial ? Un livre sur la vie de tous les jours ? Le quotidien de deux jeunes adultes n'a rien de très excitant...
Et pourtant Hirayasumi nous transporte dans la routine d'Hiroto, habitant à la capitale, qui va se retrouver remué par l'arrivée chez lui de Natsumi, sa cousine campagnarde.
Entre lui qui n’aspirait qu'à une vie paisible et elle qui veut découvrir la "vraie vie tokyoïte", cette cohabitation va remuer les habitudes de nos deux protagonistes pour notre plus grand plaisir.

Bien loin de nos contrées imaginaires habituelles, Hirayasumi est un manga "tranches-de-vie" bien ancré dans la réalité. Il nous fait découvrir la vie pressée des habitants de Tokyo avec Natsumi en nous rappelant de ne pas oublier de prendre notre temps avec Hiroto.
Son dessin doux et rond vient appuyer le côté tendre et chaleureux de l'histoire en formant autour de nous un cocon qu'on souhaiterait ne plus jamais quitter.

Mettez vos plus belles chaussettes, installez vous confortablement et enroulez-vous dans un plaid,
Bonne lecture !


One shot

Delcourt

22,95
Conseillé par (Libraire)
2 février 2024

Aujourd'hui, je continue les présentations de bandes dessinées avec un comic dont la première planche qu'on m'a montré a suffi à attiser ma curiosité.

La légende dit que les humains vivaient en harmonie avec le Roi des couleurs jusqu'à ce que l'un d'entre eux entreprenne d'en créer une nouvelle. La colère du souverain fut telle qu'il envoya sur terre des lézards assoiffés du rouge du sang.
Des générations plus tard, la Cité Pâle est le dernier bastion de l'humanité. À l'intérieur de ses murs la couleur n'existe plus. Un ordre religieux veille à ce que la population continue à vivre dans la crainte de l'extérieur. Gare à celui qui remettrait en cause l'ordre établi et évoquerait l'idée que les couleurs ne sont pas si maléfiques qu'on le dit.

Avec une telle intrigue, vous vous doutez que Kroma est ce genre d'œuvre dans laquelle vous devrez apporter une lecture aussi attentive à l'image qu'au texte. Des mots de l'auteur, l'idée de ce scénario lui est venue alors qu'il travaillait en tant que coloriste sur un autre projet. Ce récit n'est donc pas juste une histoire de fantasy, mais aussi un "prétexte" pour mettre en valeur l'importance du travail de la couleur et de sa signification dans les bandes dessinées. En portant les trois casquettes de scénariste, dessinateur et coloriste, Lorenzo De Felici livre ici une œuvre très personnelle qui ne sacrifie jamais la forme au fond.


26,50
Conseillé par (Libraire)
19 janvier 2024

Avez-vous déjà entendu parler de la cité des Femmes ? Cette ville plantée au milieu du désert qui pourrait sortir des Contes des Mille et une nuit ? Celle qui fut belle, prospère et puissante alors qu'elle n'aurait pas du ?
Non ? Laissez les Carey vous conter son histoire.
Bessa était une ville somme toute assez normale pour son époque. Ni trop riche, ni trop pauvre et dirigée par un sultan plutôt quelconque, plus occupé par ses propres plaisirs que ceux de ses sujets sans être un tyran pour autant.
Mais Bessa observait une tolérance religieuse qui déplaisait à certains hommes saints, leur religion étant la seule véritable et acceptable. Ils décapitèrent donc le sultan et offrirent aux cités voisines les 365 concubines qui composait son harem.
C'est lors de cet exode que les femmes de Bessa décidèrent de reprendre leur liberté et pourquoi pas, leur Cité.

Dans cette fantasy orientale qui n'est pas sans rappeler Shéhérazade, Les Carey nous racontent plusieurs histoires. Celle d'une cité dont le pouvoir passe de mains en mains. Celle d'un groupe de femmes aspirant à la liberté. Et celles de ces destins uniques qui s'accompliront dans l'unité.
Avec une écriture digne de Jadis s'inscrivant parfaitement dans l'époque narrée, Linda, Louise et Mike nous font visiter cette magnifique Cité qu'est Bessa au travers des récits de ces 365 (et quelques plus) âmes.


Le Bélial

24,90
Conseillé par (Libraire)
19 janvier 2024

Si vous suivez nos chroniques depuis un moment, vous avez pu vous rendre compte que j'ai développé un amour pour les nouvelles ! Je suis ce genre de libraire qui vous demandera souvent : "Si je propose un recueil de nouvelles, ça vous va aussi ?"
Je vous invite aujourd'hui dans un havre de paix science-fictif.

Nouvelle après nouvelle, Protectorats a accaparé mon attention.
Le tour de force de ce recueil ? Avoir cherché des textes dans toute l'œuvre de l'auteur pour en faire un tout uniforme dont chaque nouvelle serait comme une pièce d'un puzzle.
Lorsque vous les aurez toutes assemblées se dressera devant vous un portrait de notre monde oscillant entre l'uchronie et la prospective. Vous plongerez dans une version de la guerre froide où les souvenirs des morts sont sources d'information, vous côtoierez un père robotique, votre esprit sera même téléchargé dans un autre corps pour prospecter une nouvelle planète afin d'y abriter l'humanité.

Ray Nayler a passé plus de vingt ans à vivre et travailler dans des pays du Moyen-Orient et d'Asie. On comprend ainsi mieux comment ses sensibilités littéraires s'éloignent de la science-fiction anglo-saxonne à laquelle nous sommes habitués.
Malgré certaines histoires assez sombres, je caractériserai paradoxalement Protectorats comme un livre empli d'espoir et d'une profonde humanité.
Une fois terminé il me restait une envie : découvrir plus de ce monde que Ray Nayler venait de dépeindre.
C'est définitivement un auteur qui sera à suivre dans les années à venir. On m'a même parlé d'un roman de science-fiction avec un poulpe !