Des Tahitiens, des Français – Tome II, Essai sur l’assimilation culturelle en situation coloniale consentie
Éditeur
Au vent des îles
Date de publication
Collection
SCIENCES HUMAINES
Langue
français
Langue d'origine
français
Fiches UNIMARC
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Des Tahitiens, des Français – Tome II

Essai sur l’assimilation culturelle en situation coloniale consentie

Au vent des îles

Sciences Humaines

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  • Aide EAN13 : 9782367344089
    • Fichier PDF, avec Marquage en filigrane
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  • Aide EAN13 : 9782367344072
    • Fichier EPUB, avec Marquage en filigrane
    9.99

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« Puisqu’en Polynésie française, c’est le colonisateur qui, désormais,
s’attribue le rôle officiel de définir les identités, on ne saurait exclure
que dans ces îles, la magie coloniale ait pu déployer un double charme : celui
de rendre français les Polynésiens et polynésiens les Français. » Comment vit-
on à Tahiti aujourd’hui ? Pour répondre à cette question, Bruno Saura,
ethnologue et grand connaisseur de Tahiti, a posé sa casquette de spécialiste
et s’est offert une parenthèse, livrant ses réflexions issues d’années de
terrain et d’observation sur cette terre singulière, blottie au milieu du
Pacifique mais également territoire de la République française. De fait, c’est
le constat de l’occidentalisation — et en particulier la francisation de plus
en plus rapide des mœurs des Tahitiens d’aujourd’hui, accompagnée de la
disparition partielle ou totale de traits culturels ancestraux — qui a motivé
l’écriture du présent essai. Après s’être penché sur les notions
d’assimilation, d’acculturation et de situation coloniale, Bruno Saura analyse
la place réservée aux métropolitains installés à Tahiti, les Popa’ā, montrant
comment ils s’inscrivent sur le territoire et sont perçus par les Polynésiens
de souche, les Mā’ohi. Il se concentre ensuite sur divers aspects de la vie
quotidienne des Tahitiens : les usages de la langue polynésienne, à la maison,
à l’église, mais également à la télévision ou chez les jeunes politiciens, le
rapport au corps, à la pudeur, à la nourriture, l’évolution des pratiques
religieuses, l’émergence d’une nouvelle mode vestimentaire et architecturale
se calquant peu à peu sur le modèle standardisé métropolitain. Il montre aussi
comment l’acculturation française influe sur les identités de genre et les
pratiques sexuelles. Le spectre des thèmes abordés est large, et les exemples
— des concours de Miss à la gestion du tapage nocturne, jusqu’à l’accueil
mouvementé d’un lieu de culte musulman ou du premier mariage gay — variés,
tous issus d’observations directes, d’entretiens ou de lectures. Grâce à sa
connaissance empirique et théorique — il convoque aussi de nombreux auteurs
polynésiens, français ou anglo-saxons — Bruno Saura dresse un bilan
passionnant de l’évolution globale de la société tahitienne en l’espace d’une
génération. Loin de s’adresser uniquement à des spécialistes en sciences
sociales, cet ouvrage se destine à toute personne intéressée par la Polynésie
et, plus largement, par les questions contemporaines et universelles de
culture et d’identité. Bruno Saura est l’auteur de nombreux travaux
universitaires et d’essais consacrés à la Polynésie. S’il fallait trouver un
thème commun à ses œuvres, ce serait l’homme polynésien, avec sa sensibilité
et ses habitudes, ses misères et ses valeurs. Bruno Saura est avant toute
chose observateur attentif de la réalité polynésienne. Il met à nu les
souffrances d’une population autochtone qui habite poétiquement et violemment
une Polynésie française en perpétuelle mutation, qui s’éloigne chaque jour
davantage de son identité originelle. Né à Metz en 1965, Bruno Saura est
arrivé à Tahiti à l’âge de quatorze ans. Professeur en Civilisation
polynésienne à l’université de la Polynésie française, il est titulaire d’un
doctorat en Science politique et d’une habilitation à diriger des recherches
en Anthropologie de l’Université d’Aix-Marseille III. Ses principaux travaux
portent sur la tradition orale des îles Sous-le-Vent (La lignée royale des
Tamatoa de Raiatea, 2003 ; Huahine aux temps anciens, 2005), ainsi que sur les
questions ethniques, politiques et religieuses dans le Tahiti d’aujourd’hui
(Des Tahitiens, des Français – leurs représentations réciproques aujourd’hui,
1998 ; Tinito, la communauté chinoise de Tahiti, 2003, Tahiti ma’ohi -
Culture, identité, religion et nationalisme en Polynésie française, 2008). Son
dernier livre, Un poisson nommé Tahiti, explore les mythes portant sur
l’origine de Tahiti et les interprétations qui peuvent en être faites.
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