Philosophie de l'oeuvre commune
Éditeur
DES SYRTES
Date de publication
Langue
français
Langue d'origine
russe
Fiches UNIMARC
S'identifier

Philosophie de l'oeuvre commune

Des Syrtes

Offres

  • Aide EAN13 : 9782940701056
    • Fichier EPUB, avec Marquage en filigrane
    20.99

  • Aide EAN13 : 9782940701063
    • Fichier PDF, avec Marquage en filigrane
    20.99

Autre version disponible

La Philosophie de l’œuvre commune est un corpus monumental qui regroupe
l’enseignement du philosophe russe Nikolaï Fiodorov sur plusieurs années.
Totalement inconnue en France, la pensée utopiste de Fiodorov a irrigué la
culture du XXe siècle russe et demeure à ce jour une référence importante en
Russie. Il s’agit d’un phénomène majeur de la modernité de l’Âge d’argent,
phénomène de la pensée spéculative autant que de l’imaginaire, une sorte d’«
œuvre d’art totale » pour ainsi dire, au croisement donc des domaines
philosophique et mytho-poétique. De nombreux écrivains y trouveront des échos
de leurs préoccupations ou y puiseront leur inspiration : Tolstoï,
Dostoïevski, Soloviov que Fiodorov fréquenta ; parmi ses héritiers, le
futuriste Velimir Khlebnikov et Andreï Platonov, mais également des savants
comme Tsiolkovski, le père de l’aéronautique soviétique, ou encore Gorki ou
Lounatcharski, créateurs de la culture soviétique, ainsi que Bogdanov, le
fondateur du Proletkoult, auteur de récits d’anticipation mettant en scène une
humanité devenue immortelle. Les idées de Fiodorov trouveront indirectement
leur expression dans des textes de la science-fiction soviétique. Comme
d’autres représentants de la modernité au tournant du siècle, Fiodorov combine
un imaginaire archaïque (le culte des ancêtres) et sur bien des points
rétrograde (ainsi sa révolte contre la spécialisation des domaines de la
science ou le rejet de l’urbanisation et la valorisation du monde rural), avec
des percées spectaculaires vers le futur (« conquête de l’espace », voyages
interplanétaires) et vers des préoccupations qui se révèlent actuelles,
notamment l’écologie. Certaines pages sur les calamités agricoles, la
sécheresse, l’exploitation à outrance de la nature, semblent écrites
aujourd’hui. Quant à son aspiration à créer une archive universelle, on en
trouve une forme de réalisation dans Internet. Fait écho à notre actualité
également l’importance qu’il donne à la mémoire et au passé, opposées à
l’idéologie du progrès. Adversaire farouche de cette idéologie qui justifie la
« mise au rebut » des pères par des générations sans cesse renouvelées de fils
oublieux, Fiodorov anticipe en quelque sorte sur le changement de « régime
temporel » intervenu à partir des années 1980, notamment, après la chute du
communisme, qui a déplacé la focale, dans les sciences humaines et l’espace
public, de l’avenir (non plus radieux mais inquiétant) vers le passé. Le
phénomène Fiodorov se situe au croisement des nouvelles disciplines
émergeantes de son temps, telles que la linguistique et l’anthropologie, mais
également la sociologie, l’agriculture, l’économie. Il est attentif aux
phénomènes sociaux engendrés par l’urbanisation, l’appauvrissement de la
campagne, et pressent, comme d’autres penseurs de son époque, l’avènement
d’une crise mondiale majeure. Son désir de réconciliation et de fraternité
part manifestement, tout comme dans les écrits tardifs de Tolstoï, du constat
d’une guerre larvée de tous contre tous. Il sent venir également la grande
guerre de la ville contre la campagne qui caractérisera la période soviétique
et trouvera son expression littéraire dans Nous autres de Zamiatine ou Le
Chantier de Platonov, et sa réalisation politique dans la dékoulakisation, les
déportations massives de paysans au cours des années 1930, la destruction du
monde rural ayant pour cadre l’industrialisation forcée. Ses réflexions sur le
langage sont imprégnées d’intuitions portées, dans le sillage des travaux de
Humboldt, par les recherches consacrées à la dimension anthropologique de la
langue. Il accorde également une grande importance au journalisme et à la
diffusion de la culture auprès des masses. Sa réflexion sur la société de
consommation, alors naissante en Russie, est d’une formidable actualité, tout
comme son propos sur l’esclavage moderne (là, il rejoint encore Tolstoï), qui
met en cause à la fois l’industrialisation et, indirectement, la colonisation
; sur le climat, objet d’attention privilégié, ou encore, sur les
transformations biologiques que connaîtra l’humanité, réflexion qui se
rapproche de la question du transhumanisme. Cet ouvrage a été traduit par une
équipe de traducteurs spécialistes de Fiodorov : Françoise Lesourd, Luba
Jurgenson, Régis Gayraud et Gérard Conio; Anne Coldefy-Faucard pour sa
Correspondance qui complète La Philosophie de l'oeuvre commune. Nikolaï
Fiodorovitch Fiodorov – né le 26 mai 1829 et mort le 15 décembre 1903 à Moscou
– est un philosophe russe, précurseur du mouvement cosmiste russe, ayant
exercé comme géographe et bibliothécaire. Il croyait en la possibilité du
prolongement de la vie, en celle de l'immortalité physique et de la
résurrection des morts par des moyens scientifiques. De son vivant, Fiodorov
n’a publié que quelques articles sous pseudonyme, le reste de ses travaux ont
été consignés et transmis sous forme de cours. Poursuivant un idéal ascétique,
il était réticent à diffuser son œuvre, se contentant d’une modeste activité
d’enseignant puis, à partir de 1869, de bibliothécaire, notamment au musée
Roumiantsev de Moscou. La Philosophie de l’œuvre commune a vu le jour entre
1906 et 1913 dans des éditions réalisées par les disciples du penseur,
Vladimir Kojevnikov et Nikolaï Peterson.
S'identifier pour envoyer des commentaires.