Librairie coiffard

Elle a menti pour les ailes
par (Libraire)
10 novembre 2020

Conseillé par Stéphanie

"Elle a menti pour les ailes", un joli titre dont on découvre le sens en cours de lecture, porte en son cœur cette fameuse génération Z. Ces jeunes qui ont toujours connu Internet et les réseaux sociaux, pour lesquels pianoter sur leur smartphone est tout à fait naturel. Des adolescents ou jeunes adultes que nous regardons comme les générations précédentes devaient regarder leurs enfants ouvrir un robinet sans se demander comment l'eau arrivait d'un simple geste ou allumer un interrupteur sans s'interroger sur la magie de l'électricité.
Garance a 15 ans, elle vient de rentrer au lycée. Elle vit seule avec sa mère, professeure de danse classique. Elle a une grande amie, Souad, avec laquelle elle partage ses peines et ses espoirs sur le chemin du lycée puis via les réseaux sociaux une fois rentrée à la maison. Le roman débute en septembre 2015 et Garance est folle de joie car elle vient de découvrir qu'elle est invitée à fête d'Halloween de Maud, l'élève la plus populaire du lycée. Au chapitre suivant, le lecteur est propulsé quelques mois plus tard, en mai 2016. Le lycée de Garance est sous le choc : la jeune fille a disparu. Fugue, enlèvement ? La police va mener l'enquête.
En alternant ainsi les chapitres, les époques et les personnages qui ont gravité autour de Garance, Francesca Serra nous permet de poser notre œil sur le kaléidoscope qu'est la Grande Toile (le Web en anglais) et tout ce qui en découle. Grâce à des personnages parfaitement choisis, le lecteur fait des dizaines de pas de côté. Porté par une structure narrative parfaitement maîtrisée, il s'étonne, s'insurge, s'interroge.
Ce roman devrait est être prescrit à tous les adultes qui côtoient les adolescents : parents, grands-parents, enseignants etc … il nous déplace dans un monde qui nous échappe aux côtés de jeunes dont nous sommes à mille lieues de soupçonner le mode de penser et de communiquer.

Sublime royaume

Calmann-Lévy

20,90
par (Libraire)
9 novembre 2020

Conseillé par Stéphanie

Yaa Gyasi est née au Ghana et est arrivée aux Etats-Unis avec ses parents quand elle avait deux ans. Tout comme Nana l'un des personnages de ce roman.
Après avoir raconté dans "No Home" l'histoire de sept générations, et à travers chacune d'elle, la façon dont l'esclavage s'est institutionnalisé aux Etats-Unis, Yaa Gyasi retrouve les thèmes qui lui sont chers : vie familiale, personnages féminins et post-ségrégation.
Gifty, l'héroïne, est une jeune chercheuse en neurosciences. Tous les jours elle travaille sur le cerveau de souris et plus précisément sur les liens entre addiction et neurologie.
Le choix de ce métier est tout sauf un hasard. Il est lié à un traumatisme familial. Depuis longtemps maintenant, Gifty doit cacher ses émotions et se battre pour avancer.
Quand le roman débute, elle se demande dans quelle mesure elle va encore réussir à s'en sortir alors que sa mère sombre à nouveau dans une dépression terrible. Installée chez sa fille, mutique, elle ne sort plus de son lit.
Le lecteur accompagne Gifty avec une grande curiosité car pour trouver sa place dans cette société américaine peu accueillante, Gifty réfléchit beaucoup. C'est une quête entre lumière et douleur. Que faire par exemple de cette religion Pentecôtiste dans laquelle elle baigne depuis l'enfance et qu'elle n'assume plus en tant que scientifique. Sans filtre, elle nous raconte tout.
"Sublime Royaume" est un roman d'une grande richesse.

L'autre Rimbaud
19,00
par (Libraire)
9 novembre 2020

Conseillé par Stéphanie

En ouvrant ce livre, on découvre d'abord un homme. Un brave homme habillé d'une redingote et de guêtres. Il est cocher et file vers Charleville. Nous sommes le 21 juillet 1901 et aujourd'hui tout le gratin de la ville sera là, sur la tribune dressée Square de la Gare pour inaugurer le buste d'Arthur Rimbaud.
Ce cocher se nomme Frédéric Rimbaud. Il ne montera pas sur la tribune. Il est censé faire le mort et c'est une injonction familiale.
Pourquoi ce frère a-t'il été effacé dans tous les sens du terme?
A travers son roman-enquête, David Le Bailly nous entraîne à la fois dans ses recherches et dans une interprétation fictionnelle très réussie.
Nous découvrons à la fois l'autre Rimbaud mais aussi une autre facette d'Arthur. En rendant un visage, une vie, même modeste à Frédéric, fils et frère oublié, David Le Bailly régale son lecteur en lui donnant le sentiment à la fois de réviser ses classiques et de découvrir des secrets bien gardés.

Winterwood - La forêt des âmes perdues
par (Libraire)
9 novembre 2020

Conseillé par Marion

Vous qui avez tremblé devant les sœurs Swan dans The Wicked Deep, rencontrez maintenant une des lignées de sorcières les plus anciennes des Etats-Unis, les Walker. Nous partons en Oregon, dans un petit village au bord d'un lac où vit Nora Walker, une jeune femme très proche de la nature et dernière de sa lignée. Elle n'a pas encore trouvé son véritable pouvoir, mais sa défunte grand-mère l'a assuré qu'il se révèlerait à elle bientôt. Alors en attendant, elle récupère les objets perdus dans les Wicker Woods, une forêt où il ne fait pas bon se promener à la pleine lune, tant les créatures qui y vivent sont dangereuses la nuit tombée. C'est lors d'une de ses promenades hebdomadaires que Nora tombe sur le corps d'un garçon. Un garçon qui aurait survécu dans cette forêt après deux semaines. Personne de sensé n'y va seul, personne ne peut survivre pendant tant de temps, personne ne s'y risquerait. Qui est Oliver Huntsman ? Nora sait juste qu'il est peut-être ce fameux garçon enfui du camp de redressement aux bords du lac. De surprises en mauvaises rencontres, le quotidien de Nora va être bouleversé. Heureusement, elle a toujours le grimoire de sa famille pour l'aider à affronter les plus grands dangers, grâce à ses nombreux conseils et remèdes ancestraux. Nora ne s'attend pas du tout à ce qui se cache derrière les secrets des Wicker Woods, ces arbres plantés bien avant l'installation des chercheurs d'or et dont les ramures chuchotent la nuit.

Un roman qui se dévore aussi bien le soir d'Halloween que le reste de l'année et dont la fin vous surprendra et vous donnera la chair de poule. On reconnaît encore ici le talent de Shea Earnshaw pour conter des histoires, des légendes à travers les siècles. Prêt(e) à traverser les Wicker Woods aux côtés d'une véritable sorcière ?

Tokyo, Petit Atlas Hédoniste

Petit Atlas Hédoniste

Editions du Chêne

29,90
par (Libraire)
9 novembre 2020

Conseillé par Marion

On connaissait déjà le pouvoir des "Petits atlas hédonistes" des éditions Chêne à nous faire voyager tout en restant chez nous, notamment à Venise et en Islande. Ici, nous repartons pour la capitale du Japon, Tokyo, ville aux mille et une facettes. En effet, devant nous se dévoile à la fois une Tokyo travailleuse, estudiantine, conservatrice, marquée par une histoire rude et empreinte de traditions tout en surfant sur la modernité. Une capitale qui se vit tout aussi bien de nuit que de jour. Au fil des pages,nous découvrons les valeurs des sumos, nous flânons entre les quartiers plus différents les uns que les autres, nous partons à la rencontre des Tokyoites en dégustant par exemple les mets préparés dans des cuisines minuscules, nous observons les rituels de purification de l'âme devant les temples. Un voyage à la fois littéraire et visuel, d'apprentissage et de détente. Des doubles pages de parcours conseillés sont même distillés dans cet atlas, ainsi quand le moment viendra vous serez prêts pour ce voyage !