Leviathan, 1, 1. Léviathan
19,30
5 octobre 2010

Nous sommes en 1914. Deryn Sharp, jeune fille de 15 ans, s’enrôle dans l’Air Service sous couvert d’une fausse identité masculine, Dylan Sharp. Dès le premier jour, elle se fait remarquer lors d’un test de l’instinct de l’air, épreuve de vol durant laquelle un aspirant est arrimé à un huxley, une sorte de méduse géante capable de voler à plusieurs miles d’altitude.

Prise dans une tempête, Deryn dérive sur près de la moitié de l’Angleterre avant d’être finalement secourue par le gigantesque aéronef, le Léviathan. Parallèlement à cela, Alek, suite à l’assassinat de ses parents, l’archiduc François Ferdinand de Habsbourg et son épouse, doit fuir secrètement son pays à bord d’un mécanopode. La route des deux protagonistes va se croiser par hasard sur le sol suisse…

Comme l’explique Scott Westerfeld sans la postface de son ouvrage, Léviathan tient plutôt du steampunk que de l’ukronie : il brasse un avenir possible et un passé advenu.
Dans ce récit, deux idéologies s’affrontent : les Darwinistes qui ont étudié l’ADN, en ont dégagé les « fils de vie » afin de créer de nouvelles espèces vivantes, jugées bien meilleures que la débauche de technologie des Clankers qui ne jurent donc que par le pragmatisme de la grosse artillerie. Deryn/Dylan et Alek, issu chacun d’un camp ennemi de l’autre vont pourvoir pourtant expérimenter qu’il n’y a pas de meilleure solution. L’alternative la plus efficace étant illustrée par la fusion de l’aéronef darwiniste flanqué de moteurs clankers… L’univers décrit par Westerfeld est riche, original. Un monde où l’être vivant est au cœur de la technologie la plus avancée et où finalement les espèces qui n’ont plus rien à voir avec le phénomène de l’évolution, cohabitent harmonieusement avec les humains. Dans ce premier volet d’une future trilogie, la part belle est faite aux descriptions de l’aéronef, des huxleys mais aussi aux mécanopodes rutilants. Les scènes d’actions ne sont pas non plus en reste. Curieusement, l’originalité et l’excentricité de cet univers effaceraient presque l’intérêt de l’intrigue politique. Pour finir, l’objet livre, dans son aspect matériel, est particulièrement réussi : couverture « racoleuse » (dans une acception positive), de superbes illustrations en noir et blanc sont égrainées dans le texte, prouvant par la même que les illustrations ne sont pas nécessairement l’apanage des textes pour jeunes enfants. Dans le cas présent, elles participent directement de l’ambiance décrite. Malgré ses plus de 400 pages, je ne me sens pas rassasiée. Les pistes ne me semblent qu’être esquissées. J’attends la suite avec impatience. Une série prometteuse dont je recommande d'ores et déjà vivement la lecture !

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